À propos
♥ Hello ♥
Je m’appelle Lucie, j’ai 27 ans et j’ai toujours eu des règles irrégulières et des douleurs croissantes, pensant que c’était “normal d’avoir mal”. Jusqu’à ce que ça devienne insupportable. J’ai alors commencé à en parler à des médecins, passé de nombreux examens. Partout, j’ai subi des manquements, des remarques blessantes ou infantilisantes, et des actes médicaux sans explication et surtout, sans mon consentement. Mon corps n’était qu’un véhicule de globules rouges et blanches, ma parole ne comptait pas parce que :
“c’est normal d’avoir mal pendant vos règles Madame”.






Après 5 longues années d’errance médicale, j’ai fini par être diagnostiquée d’un SOPK (Syndrome des Ovaires Polykystiques) et d’une adénomyose, mais ce qui aurait dû être un soulagement s’est transformé en détresse, à cause de ces quelques mots :
“on ne peut rien faire”.
Je n’ai eu aucune explication sur ce que cela voulait dire, j’ai débord traversé une période de colère et de désarroi total. Des sentiments d’impuissance, de colère et de solitude m’ont figé.
Ca a été très difficile. Partout, j’étais confrontée à une indifférence et un manque de mots pour parler de ce qui me gâchait la vie, tout en me prenant petit bout par petit bout, tout ce qui composait ma confiance en moi, en tant que jeune femme. J’ai d’abord eu peur d’en parler. Peur des réactions, peur de ne pas être écoutée. Et ça a commencé à déteindre fortement sur ma vie sociale, familiale, professionnelle.
Comment expliquer à son employeur que malgré tous mes efforts, j’étais incapable de me lever de mon lit ? Que d’un coup, j’étais capable d’un excès de colère injustifiable envers la personne que j’aime ? Que sans prévenir, j’étais dans l’obligation d’annuler ma venue à CE moment tant attendu avec mes ami·e·s ? Ou des rendez-vous importants ? Que d’un coup, et sans prévenir, je passe de tout à rien. Rien du tout, plus de joie, plus de bonheur et ça, d’un jour à l’autre. Je me sentais folle, j’avais l’impression d’être capable d’aucune constance et de ne pas mériter mon entourage. Et je devais me rendre à l’évidence : ma vie devait changer.
J’ai dû m’habituer à un rythme de vie différent parce que ma vie ne correspondait plus à mon niveau de fatigue et à ma santé mentale fragile. Je suis passée d’une vie citadine, rapide, autonome et socialement très riche, à une vie lente, paisible, reculée et très dépendante à la campagne. En bref, je suis rentrée chez ma mère quoi. Bon c’était pas facile, même si je suis très reconnaissante d’avoir eu un point de chute reconfortant (la plupart du temps en tout cas). Je devais vivre avec cette nouvelle version de moi, tenir mes proches au courant de ce que je traversais, expliquer.
Au-delà de mon cercle proche, j’ai fini par en parler, avec beaucoup de timidité. J’ai été étonnée de voir à quel point mon témoignage pouvait délier les langues, générer des émotions, catharsiser des souffrances du quotidien. J’ai continué, et même si parfois j’entendais des “enhlala moi aussi j’ai eu mal pendant mes règles et j’en suis pas morte”, ça ne m’arrêtais pas. Je sentais que je tenais là le sujet à débunker, LE sujet qu’il fallait mettre sur toutes les tables. Et c’est là que, comme souvent dans ma vie, j’ai réalisé que c’était politique et je me suis (encore) rapprochée du féminisme. Pour comprendre les rapports de force qui s’exercent sur le corps des femmes, de leurs règles et la manière dont la société nous traite. J’ai pris le temps de lire, d’appréhender et d’entendre ce que mon corps avait à me dire et j’ai cherché, cherché, jusqu’à consacrer la quasi entièreté de mon temps et mon énergie à comprendre et trouver des remèdes naturels à ce que la médecine refuse de considérer comme étant une maladie ou du moins un handicap.
Pourtant, le poids des logiciels malveillants installés à mon insu dans mon cerveaux ont la peau dure et je suis encore en déconstruction de la fameuse culpabilité qui me pousse à justifier le fait que je ne suis, ni fainéante, ni incapable, ni inutile, ni de trop. Et je crée cet espace dans l’espoir de partager un peu de mes expériences, de mes connaissances sur le sujetavec pour seul but d’en finir avec un patriarcat qui s’immisce jusque dans nos culottes menstruelles.
Mais on va en parler, vous allez comprendre ♥